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Une envie de vous faire partager ce qui m'entoure… et le monde est vaste, n'est-ce pas !

Journée ordinaire d’une aidante : le matin

Le matin, réveil biologique et mécanique : 6h30. En tenant compte que, depuis des mois, le sommeil est fractionné en tranches de deux heures…

Le temps de remettre en place, le corps et les idées, se diriger vers la chambre maternelle et  distribuer les premiers médicaments en veillant à ce qu’ils soient correctement déglutis.

Certains matins, en quelques secondes, d’autres, après plusieurs gorgées, ils sont, là, toujours en travers de la gorge.

Puis refermer la porte de la dite-chambre et se diriger vers la salle-de-bain, afin de m’occuper un peu de moi. Lavée, habillée, maquillée quand même (si je vais travailler) et parfumée. Mon luxe : le parfum.

Ceci fait, descendre à la cuisine et préparer le petit-déjeuner maternel : jus d’orange pressée, sucre, lait et café dans la tasse. Ramequin de fromage blanc et compote de fruits. Pain ou croissant. Ne pas oublier la suite des médicaments qui désormais, sont prêts dans un pilulier pour la semaine. Installer tout cela sur un plateau qui restera à la cuisine, les jours où je ne travaille pas, sinon sur le guéridon à la salle-à-manger. Lequel guéridon sera débarrassé à midi, en revenant du travail pour la pause repas. Pause qui n’en est pas  en réalité.

Ensuite, je prépare mon petit-déjeuner, jus de fruit et comprimé, café et tartines de pain. Laver la petite  vaisselle, ranger.

Puis monter à l’étage, ouvrir le volet roulant, descendre la barrière du lit médicalisé. Approcher la chaise-serviteur, rapprocher le déambulateur. Puis d’un seul geste, attraper les deux jambes de ma mère, leur faire suivre une courbe pour les passer vers l’extérieur. Ensuite, glisser mon bras droit sous ses épaules, et l’enserrer de mon bras gauche pour lui faire prendre la position assise. Ses jambes sont raides, « endormies » me dit-elle, chaque matin. Et un, et deux et trois, on lève ce corps raide et lourd. Vérifier la prise d’appui sur les accoudoirs de la chaise, rapprocher le déambulateur pour augmenter les appuis. Surveiller la rotation et l’installation sur la chaise. Puis intervenir au niveau de la couche et de la culotte spéciale « fuite urinaire ». Faire le va-et-vient vers la salle-de-bain. Revenir pour aider à la mise debout. C’est-à-dire soulever en passant le bras sous l’aisselle droite, de l’autre main assurer que le corps ne bascule pas vers l’arrière. Une fois la stabilité acquise grâce au déambulateur, surveiller d’un oeil la mise en marche. Ouvrir la fenêtre de la chambre pour l’aération, vider le seau, tapoter le lit et la taie. Baisser l’inclinaison de tête du lit. Se glisser vers la salle-de-bain et remettre les deux béquilles à ma mère. Celle-ci atteint enfin le lavabo au bout de 15 mn, départ de son lit, 10 pas à parcourir !

Le dentifrice a été déposé sur la brosse-à-dents, le gant de toilette est près.

Parfois, elle reste bloquée, debout, sans la possibilité d’avancer un pieds : les neurones ne transmettent plus ! Certains jours, il faut utiliser le fauteuil roulant pour atteindre la salle-de-bain. Et là, plus facile pour elle, et bien moins pour moi.

Une fois cela fait, je veille à ce qu’elle s’installe correctement sur la chaise face à la douche. Et là, maman attendra l’intervention de l’infirmière.

Je descends, après avoir fermé tous les volets des fenêtres de l’étage.  Si ce jour-là, je travaille, je vérifie que tout a été fait. Il est 8h45, je file, toujours en retard, vers Cahuzac. Le paysage qui défile sous mes yeux, pendant 10 kms, caresse mon âme.

Ce jeudi 15 juin une émission radio soulevant bien des points de réflexion sur les aidants… Un clic, là. 

A la 38ème minute 39, Mathieu Vidard lit le message que je lui avais adressé. Il cite Lise mais c’est en fait moi.

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13 Commentaires

  1. Tu es admirable.
    Je ne me sens pas ce courage-là. Il m’en faut aussi beaucoup pour prendre la décision de mettre ma mère dans une maison de retraite, mais je ne peux faire autrement…
    Je t’embrasse
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Oui, admirable.

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  3. Tout ces petits gestes qui coûtent tant, un « routine » fatigante, je t’admire vraiment chère Lou.

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  4. Votre double journée semble éprouvante car on imagine que vous n’avez que peu de temps à vous consacrer…
    Bon courage.

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  5. Courageuse et aimante …. Admirable…..

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  6. Très émouvant ( différent d’autres de tes notes ) et comme palpable de te lire et de te voir dans ton quotidien auprès de ta mère. Malgré la fatigue, les difficultés physiques, les tiennes sans doute que tu mets de coté par amour …
    Elle a bien de la chance et doit le savoir tout au fond de son cœur …
    Je t’embrasse

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  7. Admirable, je n’en suis pas persuadée. Admirable : digne d’être admiré, d’être vu.
    Courageuse, je ne sais pas. On fait, et heureusement que je ne suis pas seule. Il y a un an, nous partagions ce temps à deux. Mais d’autres obligations de santé ont modifié la donne.
    L’affection existe, sinon cela ne pourrait être. La patience parfois s’épuise, la fatigue augmente et avec, la difficulté de réprimer de l’énervement. Puis on se modère, et l’on recommence le jour suivant, et encore le jour suivant.
    Se voit l’irrémédiable évolution de la maladie, des petits détails en moins, des petites choses en plus. C’est cela être aidant. Ce besoin de vous détailler ce quotidien pour mettre un doigt vers une réalité bien éloignée des reportages télé, du bien pensant et du bien dire.
    Je réfléchis à vous faire d’autres billets sur le midi et sur le soir.

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  8. Tu as raison d’en parler des aidants, de toutes ces routines qui grignotent le temps, et même faits avec amour et par amour sont parfois bien épuisants.

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  9. Penser aux autres ; c’est tout toi. Bonne fin de semaine !

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  10. Oh oui ma chère Lou! Tu as un coeur gros comme ça… et je sais que cela demande beaucoup, beaucoup. Je suis certaine que ta maman, au fond de son coeur, s’en rend compte. Tout ce que tu fais est merveilleux.
    Je t’embrasse fort ♥

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  11. je suis tout à fait, tout à fait admirative! je ne sais pas si j’en aurais la force et le courage… combien de temps tient-on, soi-même, surtout physiquement? ça me fait peur pour toi

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  12. Je vous embrasse.
    Les aidants sont peu pris en compte. Inexistants, en fait.
    Je l’ai été six ans.

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  13. C’est une partie de vie qui m’a toujours effrayée et d’ailleurs j’ai refusé d’en faire mon but professionnel. Puis le cours d’une vie fait que…
    Je n’ai pas envie d’une auréole sur ma tête ou nos têtes (ma soeur et moi-même).
    Mais je pense et je le dis souvent (sur le ton de la plaisanterie) : nous avons déjà gagné notre place au paradis (s’il existe ?). La lassitude est souvent très présente, lassitude physique et lassitude morale. Sur cette dernière année tout est devenu très dense, d’autant que l’énergie si elle n’est plus présente physiquement pour notre maman, elle est décuplée dans sa tête et nous sollicite pour les taches ménagères qu’elle menait à bien… avant. Et qui ne sont plus de la même qualité et visibles à présent. On fait au mieux et on le lui rappelle.

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